4924 km nous ont séparées pendant 4 mois. J'étais à Dakar au Sénégal et Lætitia était à Brouville en France.
Là-bas, je dessinais, je photographiais, j'écrivais, j'enregistrais, puis j'envoyais mes télégrammes.
Lætitia m'a répondu en poèmes, sur cette ville qu'elle découvrait au fil de ces notes.
La collaboration continue, toujours à distance. Le retour fait autant parti du voyage que le voyage lui-même.
"Soudoul gnibi touki dou nekh."
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dimanche 3 août 2014

Entre-deux

« Gan la » signifie en wolof être étranger mais aussi être invité.
Invitée à passer quatre mois à la Médina de Dakar, je déambule plusieurs semaines dans ce quartier
avant de réussir à sortir mon appareil. La série « Entre-deux » évoque la difficulté de ces multiples
tentatives d’approches. Le sujet n’est plus l’« autre », mais l’espace qui me sépare de lui. Je baisse
mon regard, l’obscurité me protège, le flou atténue la confrontation. Entre dedans et dehors,
je cherche une place pas trop exposée, fuyant comme chacun ici une lumière brûlante.
Dans l’ombre, les rencontres seraient possibles.

jeudi 8 mai 2014

https://soundcloud.com/erual6/radiocoran/s-E304w

Devant chez Fatou Peulh à la médina.
La radio est posée sur le trottoir devant une boutique.
Les versets du Coran y sont chantés en continu,
la lecture de la version longue du Coran peut durer 3 à 4 jours.

Tambaambaalu


Tambaambaalu



mercredi 7 mai 2014

samedi 3 mai 2014

samedi 26 avril 2014


25.04.14 Rue 37 angle 18, Medina, Dakar.




 24.04.14 Vue d'une cour depuis le lieu d'exposition de l'espace Medina, Dakar.






21.04.14 Encore une vue depuis la terrasse de Yoff, immeubles en parpaing en construction, Yoff Layène, Dakar.

dimanche 20 avril 2014





 19.04.14 Dans la cour de Fatou Peulh, Medina, Dakar.


vendredi 11 avril 2014

Fatou Peulh presque de face...


10.04.14 Fatou Peulh sur son lit au téléphone, Médina, Dakar.


10.04.14 Fatou peulh sur son lit écoutant la radio, Médina, Dakar.

Elle a toujours froid, dès qu'Amdy se lève, elle récupère sa couverture, dès que je me lève, 
elle récupère la mienne. La nuit, elle se recouvre entièrement, elle disparaît.

où se trouve l'espace pour le silence?

A la Médina, il y a toujours un bruit, une télé, une radio, un chant religieux,
un frottement de chaussures, un mouton, une porte qui grince, Fatou Peulh
qui crie d'une voix stridente à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit,
Amdy! AMDY! et Amdy qui, lassivement, répond: Wouah... Oui...
Kaay! Viens! apporte moi ci, apporte moi ça! Et Amdy qui vient, ses écouteurs
sur les oreilles, elle éteint la radio quand je me couche, l'allume quand je me lève,
récupère ma couverture, celle d'Amdy, se couvre le corps en entier, disparait.

lundi 7 avril 2014


05.04.14 La pièce au plafond ouvert sur le cocotier des voisins, Médina, Dakar.

Le tableau vert est un tableau indiquant les heures des 5 prières. Il n'est plus utilisé dans la mosquée
car il n'est pas très pratique. Il sert maintenant à empêcher les enfants qui arrachent les lamelles 
du volet de voir à l'intérieur de la maison. J'aime beaucoup cette pièce, le balancement des palmes,
les aiguilles immobiles, les animaux qui y vivent, les tas de gravas des restes du plafond.




25.03.14 Les vendeurs-dormeurs de bissap à côté d'Ibrahim le cordonnier, Médina, Dakar.


 
04.04.14 Chez Vieux Cissé, Niari Tali, Dakar.

Le jour où j'ai rencontré Babacar, je lui ai demandé où il habitait. Il a souri, m'a répondu qu'il avait 
pleins de maisons et dans chacune de ses maisons des affaires pour se changer. Je réalise que petit
à petit, moi aussi, j'ai plusieurs maisons, Yoff avec Maelle et Pa Ibou, la Médina chez Fatou Peulh
et Niari Tali chez Vieux Cissé, où je fabrique mes sténopés.

dimanche 6 avril 2014














Tel un géomètre ébouriffé
J'écartèle mes feuilles
comme les tirets d'une boussole.
Je suis une icône,
une vitrine tropicale
pour villes de bord de mer.

Mon accoutrement
se pare de nonchalantes courbures:
je fais peu de cas
des bourrasques maritimes.

J'ai des semblables
à Miami et Cannes
mais je suis planté à Dakar.
Mes cellules sentent le pétrole,
je suis en plastique.

Habib












Quelque part
je me prélasse
entre un bidon
et des babouches.
Trois grains m'accompagnent
sur ce trottoir
qui sert d'établi.
L'ombre blafarde
fait ressortir la courbe
idéale de mes cornes.
Ma laine est belle,
nullement altérée
dans sa ligne dorsale
par quelque furoncle.
Je me recroqueville,
les yeux baissés,
goûte l'air
pour encore quelques mois.
Ma longue vie
s'éteindra.
Je suis un mâle, je suis Habib,
je suis assez beau pour le sacrifice.

mardi 1 avril 2014



22.03.2014 Les écailleuses de poissons au marché de Soumbédioune, Corniche, Dakar.

Juste derrière moi, il y a la mer. Les pirogues rentrent vers 17h et déchargent le poisson. 
Les femmes attendent sur la plage, récupèrent le poisson et le vendent directement, à même le sable
sur des bout de bâches dépliées. Le poisson s'achète au tas, des tas de 3 ou 4 poissons, ce n'est pas au poids. 
Un tas de 4 lottes assez grosses coutent environ 2000 FCFA, soit 3 euros. Après on passe chez l'écailleuse.



23.03.2014 La nuit, en face de chez Fatou Peulh, rue 31 angle 18, Médina, Dakar.

Le bâtiment qui fait l'angle à gauche est la mosquée de la maison de Fatou Peulh.
L'entrée de la maison est juste à gauche de ce batiment, au niveau du petit arbre.
Chaque jour, Dia sort les tapis de prière sur le trottoir. 
Pour ne pas qu'ils s'envolent, il dépose de gros cailloux dessus.

dimanche 30 mars 2014

Pour la photographie de Fatou Peulh















Elle fait le tour
de sa cour
chaque soir
en un rond méthodique
recouverte de drap
et de nuit.

Elle traîne son corps
en ce rituel.
Par ses pas
elle témoigne
de cet entre
de deux soleils.